Le Silo est un collectif dédié aux images en mouvement.

Le Silo

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Teresa Castro

Le sourire du caïman. Des artistes anthropologues.

En 1983, l’anthropologue hollandais Johannes Fabian publiait aux États-Unis Time and the Other. How Anthropology makes it object*. L’ouvrage (devenu rapidement un classique) diagnostique une contradiction majeure de la science anthropologique : le refoulement du temps partagé entre les anthropologues et leurs sujets d’étude, au profit d’une mise à distance temporelle, comme si l’Autre appartenait aussi et nécessairement à un « autre Temps ». Bien plus qu’une erreur, ce déni de co-temporalité, ou allochronisme, serait un véritable procédé discursif au cœur de la discipline. Si ces complexes relations temporelles sont longtemps restées impensées, certains cinéastes et artistes semblent y avoir été sensibles, leurs films proposant une forme subtile de « chronopolitique ». Si ce retour d’un temps partagé peut prendre plusieurs formes, l’idée d’une physique et d’une poétique de la présence constitue certainement une stratégie majeure.

* Johannes Fabian, Le Temps et les autres. Comment l’anthropologie construit son objet. Traduction française par Estelle Henry-Bossoney et Bernard Müller. Toulouse, Anacharsis, 2006, 313 p.

Avec les films de: Ben Russell, Chick Strand, Robert Fenz, Gianfranco Mingozzi.


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Teresa Castro

Allochronisme, de Morad Montazami

« J’entends par là une tendance persistante et systématique à placer le(s) référent(s) de l’anthropologie dans un Temps autre que le présent du producteur du discours anthropologique […] le déni de co-temporalité, c’est l’allochronisme de l’anthropologie » (J. Fabian, Le Temps et les autres, op. cit., p. 36). Johannes Fabian éclaire ainsi l’impensé majeur de sa propre discipline : celui de maintenir les peuples « observés » dans un temps autre, pour ne pas dire un autre temps, au sens de l’éloignement temporel, voire celui du « primitif » sans Histoire.


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Teresa Castro

Masques inconfortables (sur Daumë de Ben Russell), de Clara Schulmann

« Au Suriname, Ben Russell filme le passage de mains en mains, blanches et noires, d’un masque de clown blanc au visage hilare. Jeux de mains, mais surtout de regards, filmés « à la manière de ». Ben Russell connaît Jean Rouch, Robert Gardner, Robert Flaherty : ceux qui ont formulé les premières occurrences d’un cinéma ethnographique.


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Teresa Castro

La femme comme cinéaste ethnographique, de Chick Strand.

in Chick Strand, « Woman as Ethnographic Filmmaker », Journal of the University Film Association, vol. 21, nº1/2, 1974, p. 16 (traduction Teresa Castro).

(…) Il existe un type de cinéma dans lequel je pense que les femmes ont l’obligation d’essayer de présenter les autres femmes d’une façon plus directe : le cinéma ethnographique. (…). La plupart des anthropologues sont des hommes et ils réussissent systématiquement à faire des films sur d’autres hommes, accordant trop d’importance aux rôles masculins et reléguant les femmes à des rôles secondaires.


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Teresa Castro

Physique et poétique de la présence (Correspondence de Robert Fenz), de Teresa Castro

Hommage au cinéma ethnographique de Robert Gardner, Correspondence est aussi une élégie au cinéma argentique et à un certain regard documentaire. Si le procédé de Fenz est simple en apparence – l’artiste revisite les lieux où Robert Gardner tourna trois de ses films les plus connus (la Papouasie occidentale, l’Éthiopie et l’Inde) -, l’idée de « correspondance » qui donne son titre au film va bien au-delà de cette coïncidence de lieux.


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Teresa Castro

La Taranta, commentaire de Salvatore Quasimodo.

Traduit en 2004 par Roland Cosandey, avec le secours de Salvatore Bevilacqua, à l’occasion du Festival Images’04, Vevey. D’après le texte figurant dans Gianfranco Mingozzi, La Taranta. Il primo documento filmato sul tarentismo, ML Edizioni, Roma, 2001, pp. 44-52.

Voici la terre des Pouilles et du Salento, fendue par le soleil et la solitude.

L’homme y chemine sur les lentisques et l’argile.

Depuis des siècles, la pierre, toute pierre, s’y défait et s’y corrode.

Jusqu’aux pierres équarries dressées par l’homme – maisons grossières, églises où se mesurent la souffrance et l’espérance – qui se dessèchent et s’écroulent dans le silence.


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Lúcia Ramos Monteiro

Blind Test

« Le cadavre exquis boira le vin nouveau », telle est la première phrase obtenue par le procédé surréaliste d’écriture collective, baptisé séance tenante d’un nom cabalistique. Cinq amis rassemblés autour d’une table donnaient ainsi le jour à un corps littéraire arbitraire et – par définition malgré eux – à une belle métaphore de la fraternité : créature improbable et bigarrée trinquant aux vertus de la connivence aveugle. Blind test, la programmation conçue par Le Silo a été imaginée comme un « cadavre exquis ».

Films de : Ciné-Tract, Jonas Mekas, Carole Roussopoulos, Marcelo Pedroso, Gustav Deutsch.

Le Jeudi 2 Février à Altkirch, au cinéma Palace Lumière (Boulevard Clémenceau, Altkirch 68130), à 20h30. Dans le cadre de l’exposition Partenaires Particuliers présentée au CRAC Alsace (www.cracalsace.com)


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Lúcia Ramos Monteiro

Retournements post-coloniaux

En dialogue avec Afrique 50, film anticolonial que René Vautier réalise en Côte d’Ivoire en 1950, Le Silo réunit trois films africains tournés après l’indépendance. Nés respectivement au Sénégal, au Niger et au Zaïre (actuel Congo), Ababacar Samb Makharam, Moustapha Alassane et Robert-Jan Lacombe forgent, à leur manière, l’image de leur pays natal. Ils adoptent un point de vue hybride, à la fois « aborigène » et « étranger ».

Projection suivie par une séance de « Ciné-slam » : une dizaine de poètes auront composé un texte à partir des films du programme. Performance sur fond visuel organisée par Anaïs Farine.

Films de : Ababacar Samb Makharam, Moustapha Alassane et Robert-Jan Lacombe.

Le Dimanche 29 Janvier à 15h à Anis Gras (55, avenue Laplace – 94110 Arcueil), dans le cadre du Café des Images. Tarif unique : 5 euros.

Une collaboration entre Le Silo et Impermanence.


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Lúcia Ramos Monteiro

« Ciudad Moderna. Architectures, visites guidées »

Séance dédiée au geste, forcément paradoxal, de la visite guidée. Entre Bâle, Milan, Mexico et Liverpool, entre 1929 et 2011, des cinéastes filment la ville, ses bâtiments, ses sous-sols. Leur « tonalité » nous intéresse : irrévérente, railleuse, souterraine – elle offre du modernisme une image moins triomphaliste que sinueuse.
Films de : Rosa Barba, Hans Richter, Ugo La Pietra, Terence Gower.

Vendredi 27 janvier, 18h, Auditorium de l’INHA


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Teresa Castro

Cinéphobes d’aujourd’hui, cinéphiles de demain, de Hans Richter

in Hans Richter, Filmgegner von Heute, -Filmfreunde von Morgen, Berlin, 1929 (traduction de Sacha Zilberfarb).

Avant-propos

Êtes-vous contre le cinéma ?

Tel qu’il est aujourd’hui, le cinéma ne saurait avoir assez d’ennemis.

Qui est aujourd’hui contre le cinéma est investi d’une mission civilisatrice :

Combattre le mauvais cinéma, protester, organiser la protestation.

Plus le cinéma aura d’ennemis, plus grande sera la possibilité de faire de meilleurs films.